Autoformation
Par Rémy Baudouin, samedi 4 octobre 2008 à 08:44 :: General :: #31 :: rss
En tant que formateur d'adulte, il est important pour moi de comprendre que les gens que je rencontre ne m'ont pas attendu pour se former. Même si ils ne sont pas passés par des cursus universitaires ou autres, ils ont su répondre à des tas de question que leur posait la vie. Les réponses qu'ils ont trouvé sont valables puisqu'ils sont toujours là, en vie précisément. Partir de ces réponses, de ces expériences tout en les croisant dans le groupe pour enrichir les perspectives est au coeur de mes interventions. Cela peut paraître paradoxal, mais le fait que des recherches théoriques ait été menées sur ce thème permet de s'affranchir d'une vision réductrice de l'acte de formation. Nous restons très dominés par les modèles académiques et de ce que Paolo Freire nomme la "conception bancaire" de l'éducation. Or les gens se forment avec, contre ou sans les institutions formelles. Cultiver ce regard, reconnaître que l'autre est porteur de savoirs même s'ils restent parfois "insus" m'aide à l'aider à le faire émerger avec lui afin qu'il lui donne un statut de véritable savoir, grâce à l'échange et au retour réflexif. J'entends parfois des personnes me dire: "j'ai été 5 ans trésorier d'une association et 3 ans secrétaire.... mais je ne sais rien faire..."
Reconnaître l'autoformation de la personne revêt des enjeux de pouvoir important. Accompagner l'autre dans ce processus, c'est l'aider à reprendre du pouvoir sur sa propre vie. S'affranchir des modèles et des systèmes de valeurs dominants comme celui du diplôme par exemple qui vient anéantir le sentiment d'efficacité personnelle dès que les circonstances de la vie remettent en cause la place de quelqu'un dans le système social.
Pour les chercheurs qui travaillent sur la dimension existentielle de ce concept, l'autoformation, c'est l'action du vivant qui se dote lui même de sa propre forme dans une relation symbolique avec son environnement (cf. Francisco Varela, l'Arbre de la connaissance). Cette définition me paraît fondamentale, être vivant, c'est être en formation, au sens de produire sa propre forme. Cette définition, qui s'appuie sur les recherches les plus récentes de la biologie, nous permet d'envisager la formation bien au delà des quelques moments "formels" pendant lesquels l'être humain se forme : école, université, formation continue etc. Pour cette approche que Gaston Pineau nomme bio-épistémologique, chaque expérience de la vie, la plus insignifiante soit-elle, participe de ce processus vital.
Des chercheurs québécois en sciences de l'éducation, (Bruno Bourassa et al, 2000) parlent également "d'apprentissage expérientiel". Ils nous proposent pour illustrer ce geste de l'autoformation un schéma en boucle de rétroaction conçu initialement par David Kol

Voir le site du Cégep de Chicoutimi
Mais ce concept d'autoformation renvoie à une dimension paradoxale de la pratique pédagogique. S'il s'agit bien de "redonner le pouvoir aux apprenants", le pouvoir-savoir du formateur n'en n'est pas moins là, lui aussi. Pour résoudre ce paradoxe, Gaston Pineau propose un modèle tripolaire de l'autoformation :
Auto (Soi)

hetero (les autres) eco (le monde, les choses)
La galaxie de l'autoformation : Philippe Carré à Nantes
Paolo Freire
Groupe d'expression du groupe de Recherche sur l'autoformation
Pascal Galvani
Fiche de lecture du bouquin de Philippe Carré: l'autoformation
Commentaires
1. Le vendredi 25 septembre 2009 à 03:27, par damedecoeur
2. Le mercredi 7 avril 2010 à 16:29, par modele nu
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